L'intolérable ordinaire!
Quand une ministre à la peau non blanche (Christiane Taubira) est insultée par des gamins allègrement manipulés par des parents imbéciles en lui disant de remonter dans son arbre et autres insanités du même acabit
Quand une chef de parti d'extrême droite réprimande pour la forme ses militants aux paroles inacceptables pour sa promotion personnelle
Quand la même se permet des remarques sur la tenue vestimentaire, la barbe, des ex otages libérés après 3 ans de captivité
Qui s'étonne?
Qui la condamne intensément?
Qui prend des mesures pour stopper l'inaceptable?
Mais vous attendez quoi?
Le fascisme ne vous a pas suffit les vrais français?
Vous avez oublié comme il sait s'installer en rampant? Relisez vos manuels d'histoire à propos de l'accession de Hitler par exemple.
C'est vrai que la collaboration passive (c'est pas nous c'est les autres!) ou active (on se méfie puis on se débarrasse des différents de toute sorte) a eu un franc succès à une certaine époque!
Mais vous préférez parler du pays des droits de l'homme...C'est mieux comme image de marque!!
Toujours en voyage! De chemins de montagne en criques tranlucides je pose ma parole contée chez ceux qui veulent bien m'accompagner au cours de mes pérégrinations. Des balades contées (seul ou en compagnie de Baptiste Rochedy-Maltese, accompagnateur en moyenne montagne aux conteries en veillées chez vous ou en salles c'est comme vous voulez! Vous êtes les bienvenus!!
dimanche 10 novembre 2013
jeudi 31 octobre 2013
eh oui, la vie continue, même sans Sarkozy!
Par Armelle Gardien
Membre de RESF
Crise au sommet de l’Etat. Manuel Valls publie une circulaire pour "sanctuariser l’école". En 2005, sous la pression des mobilisations, Sarkozy avait, lui, suspendu les expulsions de lycéens jusqu’à la fin de l’année scolaire.
La gauche se tait, la droite se lâche
A gauche, les âmes sensibles sont priées de mettre en sourdine leur conscience.
Quant à la droite, elle se lâche, agite le spectre de l’immigration massive et le fantasme d’une France débarrassée des hordes qui convoitent sa nationalité.
Selon Copé, les enfants nés en France de parents sans-papiers ne devraient plus avoir droit à la nationalité française à leur majorité. Une proposition qui choque à gauche et même certains à droite, sans compter qu'elle est juridiquement intenable et moralement malhonnête.
Utilisant l’hyper-médiatisation d’une famille rom qui demandait un droit au séjour, elle dévie sur l’acquisition de la nationalité française. Un thème cher au Front national. Tout un chacun s’exprime, les sondages prennent à chaud la température de l’opinion : trois Français sur quatre se disent opposés à une acquisition automatique de la nationalité française pour ces jeunes dont les parents seraient arrivés en France sans-papiers, 18 ans plus tôt. Réformer les règles de l’immigration (ce sont les termes de la question posée) pour, au maximum, quelques centaines de jeunes, élevés en France, dont le français est évidemment la langue, ayant usé leurs fonds de culotte sur les chaises des mêmes écoles que leurs camarades, nos enfants, nos élèves, nos voisins.
Des enfants comme l’ont été d’autres dont la France s’enorgueillit aujourd’hui et dont les parents arrivèrent eux aussi sans-papiers. Punis, parce que leurs parents ont été un jour sans-papiers ? Et pour combien de générations à venir ?
Ce n’est pas l’histoire de la France qui "a inventé la nation civique, fondée sur des valeurs, indépendamment de toute origine ethnique" (Y. Roucaute, plume de Claude Guéant, "Le Monde" 26 octobre). Halte au feu.
Hollande a raté sa réforme "abolition de la peine de mort"
La volonté de témoigner des enseignantes de Leonarda et la solidarité des lycéens s’inscrivent dans la longue chaîne des refus de laisser faire, suscitée autour des élèves sans-papiers par RESF depuis 10 ans, pour leur régularisation et celle de leurs parents.
Nous avons affirmé, dès juin 2004, que nous n’acceptions pas qu’un élève soit porté manquant, expulsé, et que la classe continue comme si de rien n’était.
Après 10 ans de sarkozysme, il nous semblait indispensable que ce gouvernement témoigne de son attachement aux valeurs de liberté et de solidarité et inaugure la présidence Hollande d’une avancée sociétale, à la hauteur de ce que la suppression de la peine de mort a été pour celle de Mitterrand. La société française est métissée, les jeunes qui manifestent leur solidarité aujourd’hui en sont l’image et l’assument.
La réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur. L’immigration est maintenue dans le champ de compétences du ministère de l’Intérieur, les mêmes lois répressives à l’égard des étrangers continuent à être appliquées. Régularisations et expulsions, les chiffres de Manuel Valls sont globalement les mêmes qu’avant. Et le vote des étrangers est remis à on ne sait quand.
Le gouvernement dit : ce pays n’est pas pour vous !
Qu’attendez-vous ? Qu’attendons-nous ?
Nombre de facteurs sont réunis pour une percée de l’extrême-droite. Qui ne se privera pas, si elle parvient au pouvoir, de s’appuyer sur les propos et mesures de ce gouvernement de gauche, notamment en matière d’immigration, pour justifier les pires mesures.
Nous ne baissons pas les bras. Nous continuons à réclamer le retour et la régularisation des élèves expulsés, Khatchik, Leonarda, et les autres.
Nous continuons à exiger la régularisation des jeunes majeurs scolarisés, pas la portion congrue accordée par la circulaire Valls de novembre 2012 qui restreint la possibilité d’un titre de séjour à ceux qui sont arrivés en France avant 16 ans. Aux autres, scolarisés souvent depuis des années, ce gouvernement dit : ce pays n’est pas pour vous ! C’est une erreur profonde, le même rejet de la jeunesse des quartiers, cheval de bataille du sarkozysme.
Nous réclamons une autre politique, des lois sur l’immigration qui prennent acte de l’histoire et combattent les préjugés, s’appuient sur les valeurs fondatrices de ce pays et la réalité de la société française, métissée et qui le sera de plus en plus, à l’image du monde.
Il y va de l’avenir de la société dans laquelle nous voulons vivre et faire vivre nos enfants.
Par Armelle Gardien
Membre de RESF
Alors que la famille de Leonarda a déposé un recours pour revenir en France, le Réseau éducation sans frontière (RESF), qui avait contribué à médiatiser ce cas d'expulsion, soutient toujours la régularisation de la jeune fille. De même que celle de tous les enfants sans-papiers scolarisés en France. Explications d'Armelle Gardien, au nom de RESF.
Édité et parrainé par Hélène Decommer
L’interpellation au cours d’une sortie scolaire de Leonarda,
collégienne rom de 15 ans, a fait choc. La société tout entière semble
redécouvrir la réalité des expulsions de familles sans-papiers. Quelques
jours avant l’explosion médiatique, les lycéens parisiens avaient
commencé à se mobiliser pour Khatchik,
leur camarade expulsé. La jeunesse est dans la rue, une partie de la
gauche se rappelle qu’il y a peu, elle réclamait la régularisation des jeunes majeurs scolarisés sans-papiers.Crise au sommet de l’Etat. Manuel Valls publie une circulaire pour "sanctuariser l’école". En 2005, sous la pression des mobilisations, Sarkozy avait, lui, suspendu les expulsions de lycéens jusqu’à la fin de l’année scolaire.
La gauche se tait, la droite se lâche
A gauche, les âmes sensibles sont priées de mettre en sourdine leur conscience.
Quant à la droite, elle se lâche, agite le spectre de l’immigration massive et le fantasme d’une France débarrassée des hordes qui convoitent sa nationalité.
Selon Copé, les enfants nés en France de parents sans-papiers ne devraient plus avoir droit à la nationalité française à leur majorité. Une proposition qui choque à gauche et même certains à droite, sans compter qu'elle est juridiquement intenable et moralement malhonnête.
Utilisant l’hyper-médiatisation d’une famille rom qui demandait un droit au séjour, elle dévie sur l’acquisition de la nationalité française. Un thème cher au Front national. Tout un chacun s’exprime, les sondages prennent à chaud la température de l’opinion : trois Français sur quatre se disent opposés à une acquisition automatique de la nationalité française pour ces jeunes dont les parents seraient arrivés en France sans-papiers, 18 ans plus tôt. Réformer les règles de l’immigration (ce sont les termes de la question posée) pour, au maximum, quelques centaines de jeunes, élevés en France, dont le français est évidemment la langue, ayant usé leurs fonds de culotte sur les chaises des mêmes écoles que leurs camarades, nos enfants, nos élèves, nos voisins.
Des enfants comme l’ont été d’autres dont la France s’enorgueillit aujourd’hui et dont les parents arrivèrent eux aussi sans-papiers. Punis, parce que leurs parents ont été un jour sans-papiers ? Et pour combien de générations à venir ?
Ce n’est pas l’histoire de la France qui "a inventé la nation civique, fondée sur des valeurs, indépendamment de toute origine ethnique" (Y. Roucaute, plume de Claude Guéant, "Le Monde" 26 octobre). Halte au feu.
Hollande a raté sa réforme "abolition de la peine de mort"
La volonté de témoigner des enseignantes de Leonarda et la solidarité des lycéens s’inscrivent dans la longue chaîne des refus de laisser faire, suscitée autour des élèves sans-papiers par RESF depuis 10 ans, pour leur régularisation et celle de leurs parents.
Nous avons affirmé, dès juin 2004, que nous n’acceptions pas qu’un élève soit porté manquant, expulsé, et que la classe continue comme si de rien n’était.
Après 10 ans de sarkozysme, il nous semblait indispensable que ce gouvernement témoigne de son attachement aux valeurs de liberté et de solidarité et inaugure la présidence Hollande d’une avancée sociétale, à la hauteur de ce que la suppression de la peine de mort a été pour celle de Mitterrand. La société française est métissée, les jeunes qui manifestent leur solidarité aujourd’hui en sont l’image et l’assument.
La réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur. L’immigration est maintenue dans le champ de compétences du ministère de l’Intérieur, les mêmes lois répressives à l’égard des étrangers continuent à être appliquées. Régularisations et expulsions, les chiffres de Manuel Valls sont globalement les mêmes qu’avant. Et le vote des étrangers est remis à on ne sait quand.
Le gouvernement dit : ce pays n’est pas pour vous !
Qu’attendez-vous ? Qu’attendons-nous ?
Nombre de facteurs sont réunis pour une percée de l’extrême-droite. Qui ne se privera pas, si elle parvient au pouvoir, de s’appuyer sur les propos et mesures de ce gouvernement de gauche, notamment en matière d’immigration, pour justifier les pires mesures.
Nous ne baissons pas les bras. Nous continuons à réclamer le retour et la régularisation des élèves expulsés, Khatchik, Leonarda, et les autres.
Nous continuons à exiger la régularisation des jeunes majeurs scolarisés, pas la portion congrue accordée par la circulaire Valls de novembre 2012 qui restreint la possibilité d’un titre de séjour à ceux qui sont arrivés en France avant 16 ans. Aux autres, scolarisés souvent depuis des années, ce gouvernement dit : ce pays n’est pas pour vous ! C’est une erreur profonde, le même rejet de la jeunesse des quartiers, cheval de bataille du sarkozysme.
Nous réclamons une autre politique, des lois sur l’immigration qui prennent acte de l’histoire et combattent les préjugés, s’appuient sur les valeurs fondatrices de ce pays et la réalité de la société française, métissée et qui le sera de plus en plus, à l’image du monde.
Il y va de l’avenir de la société dans laquelle nous voulons vivre et faire vivre nos enfants.
mardi 1 octobre 2013
Encore une révolte dites-vous?
Eh bien oui. Il est des paroles et des actes insupportables. M Valls est de ces gens dont les paroles sont loin d'être des paroles d'apaisement et de respect.
Quelle société mettons nous en place? Celle de l'exclusion?
Bien sûr rien n'est noir ou blanc. Qu'attendons nous pour tendre la main à l'autre, au plus démuni et bâtir cette société de justice et de respect dont nous avons tous l'envie chevillée au coeur?
Le
nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la
politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus
belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes
images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À
commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires
multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun,
sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de
l’exclusion.
Cela,
nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il
importait déjà de se dresser en opposition à la politique de
stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas
Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les
gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons
aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la
responsabilité du président de la République et de son premier ministre
par leur ministre de l’Intérieur.
Manuel
Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses
prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord
de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15
000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public
qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?
Si
les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens,
ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne)
un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire
que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ?
En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris :
si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas
ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un
peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être
encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus
élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur
précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.
Certes,
Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain
(faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des
centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À
Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail
des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En
Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés
municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux
départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants
Roms.
La
majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs
sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le
contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en
attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire
pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les
urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien –
pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra
récolter les fruits de cette politique.
En
outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne
feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la
dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire.
S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages
populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut
rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.
Il
ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son
origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans
de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis
des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la
situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par
l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce
racisme.
Surtout,
plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements
nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut
faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril
l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même
la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding,
commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme
en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.
Nous
ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre
colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour
changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les
Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de
jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement
aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et
l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de
la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.
Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :
Rien
ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous
revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts.
Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc
comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain,
de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État
français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur
l’avenir.
lundi 15 juillet 2013
vendredi 31 mai 2013
Second extrait
Los
Medanos de Coro et autres joyeusetés
Après
3 bonnes heures de bus nous arrivons, de nuit, à Coro. Première
étape terrestre. Un taxi nous emmène dans la vieille ville où nous
avions repéré depuis la France une posada ( maison mi chambres
d'hôtes mi hôtel) tenue par un couple franco-vénézuelien.
Pourquoi ce choix? Tout simplement parce qu'il nous a semblé
intéressant de débuter vraiment le voyage en écoutant les
réflexions de personnes dont l'une est de ce pays et l'autre là
seulement depuis une douzaine d'années environ.
Las,
la posada n'accueille plus de voyageurs de passage depuis plusieurs
années (merci Lonely planet). Heureusement le gars nous indique
celle d'une bonne connaissance à lui, à quelques centaines de pas
de là.
Ouf,
il y a de la place. Et curieusement, cette posada là est aussi tenue
par un couple vénézuelo-français!
Eric et
Nella. Posada El Gallo. En voilà une bonne adresse! Le bon accueil,
la chambre idéale pour se remettre de ses émotions maritimes et
repartir d'un bon pied. Et puis, pour peu que vous leur demandiez des
renseignements sur le pays ils sont intarissables.
Quatre jours à tenter
de s'adapter à la chaleur énorme de ces jours là. Heureusement un
thermomètre/baromètre nous persuade de la réalité des choses...42
degrés à l'ombre et 94% d'humidité...Résultat on ne sort qu'entre
6h30 et 10h le matin et à partir de 16h l'après midi. Et encore,
chapeautés et tartinés de crème solaire.
Mais
la ville est une découverte de ce monde vénézuelien caraïbe.
Ville aux vieilles maisons du quartier colonial, murs peints en
leçons de pédagogie illustrée, modernité aussi, avec ses rues
encombrées de voitures si anciennes et rafistolées qu'elle évoquent
irrésistiblement Cuba. Et cette pollution qui nous prend à la
gorge.
Nous
faisons ample provision de fruits goûteux aux marchés en plein air
dans les quartiers populaires et on remarque dans les rues ce qui
demeure de la vieille implantation «turque» en Amérique du sud. A
voir les «zapaterias Hussein», les Ali ou Omar comme prénoms des
marchands je me souviens du beau livre de cet auteur qui me régale
toujours, Jorge Amado, «La découverte de l'Amérique par les
turcs»...Une façon de parler de cette arrivée d'autres peuples sur
cette terre.
Beaucoup
de bouts de discute avec des inconnus, aimables et serviables.
Souvent les même questions, le Vénézuela, Chavez, comment
trouvez-vous... A ce stade de notre voyage nous sommes ravis de
connaître leur opinion qui enrichit la nôtre et nous permet de nous
dégager des affirmations péremptoires de l'occident . Rares
étrangers dans les rues même si la région de Coro est assez
touristique avec la péninsule de Paraguana et les Médanos de Coro.
Il est vrai que nous ne fréquentons pas les même lieux que les
touristes « voyage-tout-compris » pour qui ce pays se
résume aux Tepuis, au Salto del Angel et aux plages idylliques de la
Caraïbe.
la suite aussi dans le livre
Comme promis voici donc des extraits du livre à propos de notre voyage au Vénézuela. Son titre:
Vénézuela, rencontres et regards
Le
domaine de la peur ou D comme Dictature et Danger
Déjà,
l'ami X nous avait mis en garde. «Je regrette de le dire mais mon
pays est un pays dangereux».
Quand
Dushi avait raccroché, elle en était éberluée.
Pourtant
nous ne sommes pas novices. Le voyage sac à dos en autonomie nous
est familier et dans nos quotidiens nous savons éviter de nous
trouver dans des situations à risque.
A
Paris, avant de prendre l'avion, la vénézuelienne rencontrée à
Paris, avec qui nous avions convenu d'échanger des euros contre des
bolivars, a amplifié notre appréhension du pays. Ajoutés à cela,
les commentaires alarmistes des guides de voyage, des médias et des
forums divers, nous étions quelque peu inquiets quand nous avons
pris pied à l'aéroport !
Le
portrait de Chavez nous attendait dans le hall d'arrivée. Immense.
Tout de suite nous savions où nous étions. La Révolution
Bolivarienne pour le peuple et par le peuple!
Dans
le hall de sortie nous avons cherché le panneau brandi par la
cousine de X, qui devait nous attendre avec un taxi prêt à nous
emmener à notre hôtel.
Il
était convenu que nous aurions le même écriteau à brandir, afin,
nous avait-elle dit au téléphone, d'éviter les risques de
confusions voire de tromperie volontaire pour nous dépouiller...Vigilants,
et quelque peu sous tension, nous nous sommes tout de même retrouvés
dans la foule dense et de suite la chape de peur nous a chargé les
épaules.
Vite,
il fallait aller vite ! Suivre le taxiteur qui déjà avait
saisi le sac à dos de Dushi et galopait vers la sortie. Quant à la
cousine, elle jetait des regards méfiants sur le monde qui
l'entourait en nous pressant encore.
Tout
de même, dans le véhicule elle se détendit un peu.
Notre
inquiétude cédait face à la curiosité, la joie immense d'être
là. Mais en même temps nous nous sentions devenir éponges, inondés
par ses vagues de peur, d'angoisse.
-Ne
prenez pas de bus mais des taxis officiels, ne sortez pas dans la rue
avec des sacs ni les appareils photos, n'allez pas où il y a trop de
monde, ni dans les endroits déserts...
etc etc.
A
l'hôtel de Macuto, après la surprise du tarif si différent -en
supérieur-de celui indiqué dans les guides (de 2012), nous l'avons
vu repartir avec son taxi -elle l'avait affrété spécialement)-
avec soulagement.
Pour
nous deux, l'envie de se poser, de prendre pied dans cette nouvelle
réalité que nous allions découvrir deux mois durant nous
émerveillait déjà.
La
chambre était simple et agréable mais la chaleur telle, en ce mois
de novembre, que la clim (que par réflexion nous refusions en
Europe) nous apparaissait, là, indispensable! Le thermomètre
passait les 40 degrés!
A
peine les affaires sorties des sacs, la première préoccupation,
impulsée par ces peurs dont nous étions imprégnés, fut de savoir
où cacher l'argent liquide.
Quelle
imagination débordante on peut avoir alors pour planquer ses sous!
Nous
avons tout essayé: sous le matelas (classique), derrière la télé
perchée sur un pilotis, dans la tuyauterie de la salle de bain etc
etc.
Ça
a duré deux jours...
L'hôtel
Plazamar, sur la placette aux palombières colorées, nous invitait à
la découverte. Le Paseo Playa, à quelques pas, s'est immédiatement
révélé l'endroit idéal où se poser pour rentrer dans l'ambiance.
Entre les vieux hôtels, parfois décatis, les restaurants, les
services sociaux et de l'autre bord les cabanons où l'on servait à
manger à toute heure du jour, tout un monde vivait là le plus clair
de son temps.
Des
vieux et des jeunes, à l'ombre des arcades, jouaient aux cartes ou
aux dominos, buvant des bières -trop douces à notre gré- tandis
que les tranquilles de la vie passaient les heures à la plage à
regarder les baigneuses et les baigneurs.
Les
pêcheurs revenaient avec des poissons déchargés sur les épaules,
vendus parfois sur place. Les minots jouaient comme partout à
s'éclabousser tandis que les mères, les femmes (souvent mafflues et
fessues autant que les hommes pouvaient être ventrus), se
tartinaient allègrement de crèmes solaires ou à bronzer.
Côté
couleur, c'était un plaisir des yeux et du cœur.
(suite de ce chapitre...dans le livre à paraître dans l'été )
vendredi 19 avril 2013
"la
France, la nation qui a inventé les droits de l’homme est aujourd’hui
un pays effrayé et méfiant où prolifèrent les phobies. L’islamophobie a
envahi la campagne électorale. Le racisme et la xénophobie […] font
partie du langage courant. Et l’homophobie a commencé à montrer son
visage le plus violent..."
FRANCE • Mariage pour tous : une France repliée sur elle-même
Les
anti Mariage pour tous sont représentatifs d'une France effrayée et
méfiante, écrit la presse internationale, qui s'inquiète des récentes
agressions homophobes à Paris.
- Courrier international |
- Caroline Marcelin |
- 19 avril 2013
Le correspondant d’El Pais dresse de son côté un rapide portrait des anti, représentatifs de cette France "bigote et inquiète, provinciale et parisienne à 50% et blanche à 99% (...) Une mobilisation qui s’est habilement camouflée par une mise en scène de type Disney, des habits et des pancartes couleur pastel. Qui, au nom de la pluralité et du respect, s’est autoproclamée Manif pour tous."
Le journaliste espagnol écrit : "la France, la nation qui a inventé les droits de l’homme est aujourd’hui un pays effrayé et méfiant où prolifèrent les phobies. L’islamophobie a envahi la campagne électorale. Le racisme et la xénophobie […] font partie du langage courant. Et l’homophobie a commencé à montrer son visage le plus violent depuis que François Hollande a décidé de lancer la nouvelle loi sur le mariage homosexuel".
Miguel Mora fait référence aux agressions homophobes qui se sont récemment produites en France.
Celle perpétrée le 7 avril à Paris contre Wilfred de Bruijn et son compagnon, ont fait réagir la journaliste américaine Janine di Giovanni,dans The Daily Beast : "Je ne peux pas m’empêcher de penser à la montée du fascisme en Europe dans les années 30 et à la façon choquante dont les personnes les plus civilisées perdent soudain la tête face à ce qu’elles estiment différent. Les êtres humains font de la résistance au changement. A l’époque c’était le socialisme ou le communisme qui ont entrainé des bandes de voyous dans la rue. Aujourd’hui, ce sont les droits des homosexuels".
Reporter de guerre, la journaliste écrit que cet acte homophobe est intervenu au moment où l’on célébrait l’anniversaire du génocide rwandais: "Je ne fais pas de comparaison, mais en triant de vieilles photos d’il y a 19 ans, et en me souvenant des morts entassés, de l’odeur de la mort dans ce lieu torturé, il est difficile de tolérer ce que les humains peuvent se faire les uns aux autres. J’ai eu cette même impression écœurante quand j’ai regardé le visage brutalisé de Bruijn."
Au Québec (où le mariage homosexuel est légal depuis 2004), une blogueuse écrit sur montrealgazette.com : "Je n'irai pas en vacances à Paris parce qu'on ne sait jamais. Peut être qu'en descendant un boulevard avec une amie, je serais frappée ou tuée parce que je suis lesbienne. Je reste donc dans la Nouvelle-France, mon magnifique Québec, qui est bien plus évolué et tolérant que ce pays que nombre de mes ancêtres ont quitté".
Source TERRA : http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/04/19/mariage-pour-tous-une-france-repliee-sur-elle-meme
Inscription à :
Articles (Atom)